Marion aimait la sérénité du quartier. A chaque fois
qu’elle prenait le temps de s’égarer dans les ruelles proches de sa résidence,
elle se sentait apaisée par la tranquillité singulière de la vie à l’anglaise.
On aurait dit que rien au monde n’aurait pu troubler la paix bienheureuse qui transparaissait
de cette succession de maisons mitoyennes, avec leurs numéros fleuris et
jardinets proprets. Rien qui n’aurait pu entraver la routine paisible des
propriétaires ou altérer l’éclat fugace de leur sourire. Derrière chaque façade
s’agitaient sans doute les difficultés, casse-têtes et désaccords propres au quotidien
de tout foyer humain. Mais rien n’y paraissait de l’extérieur. Si problème il y
avait, on le gardait soigneusement privé, par respect de la pudeur, par amour
de l’ordre. Quitte à les enterrer au fond du jardin, comme dans le très british
Secrets de famille que Steven venait
de lui faire visionner. Keep calm and
carry on, en pratique dans la vie de tous les jours. C’était difficile à
mettre en mots mais elle ressentait ce sang-froid, ce flegmatisme assorti
d’acuité bien ancré dans les façons d’être anglaises. Et elle en appréciait la
quiétude – aussi mensongère qu’elle l’était sans doute en deçà.
« Alors, tu as aimé ? »
Ils marchaient en silence, leur respiration esquissant des figures
oniriques dans l’air frais de la nuit. Marion se sentait vive et légère sous la
lumière lunaire. Elle embrassait du regard tout ce qui l’entourait, attentive
aux étoiles qui brillaient au-dessus de leur tête comme à celles, plus modestes,
que le givre dessinait en s’incrustant dans le bitume. Elle aimait être là, à
profiter de cette atmosphère étrangement familière alourdie par le velours
nocturne, Steven à ses côtés, enveloppé dans son long manteau noir de poète
alangui. Elle se tourna vers lui, les yeux agrandis par la joie enfantine de
ces plaisirs simples, les joues rosies par la fraîcheur du soir.
« Oh oui ! J’ai passé une
très bonne soirée.
- Tant mieux. Mais je m’inquiétais surtout de
savoir si tu avais aimé… les pigs in blanket. »
Marion tâcha de scruter son visage le plus discrètement possible.
S’agissait-il d’un de ses traits d’humour quasi indétectables ou était-il
réellement sérieux ? Cela faisait des semaines que son colocataire Matthew
lui parlait avec extase du repas de Noël traditionnel tel qu’il le fantasmait
pour ses vacances tandis qu’il se noyait dans ses essays à rendre et ses plats
précuisinés. Les pigs in blanket
figuraient en tête de sa liste d’expectatives culinaires. C’est pourquoi elle
s’était tant réjouie à l’annonce du menu du réveillon de Noël organisé dans la
colocation de Steven : elle allait enfin pouvoir goûter ces fameux roulés
dont on lui vantait les mérites. Elle déchanta quelque peu lorsqu’on lui
présenta l’assiette. C’était ça qu’on lui avait décrit pendant des semaines
comme le truc anglais à savourer pour
Noël. Légèrement survendu, à son humble avis. La même perplexité intense l’avait
envahie face à son premier fish and chips
– du poisson frit avec des frites ? OK, c’était sympa mais de là à s’en
lécher les babines à l’avance… Dans le cas présent, avoir enroulé des saucisses
dans du bacon ne lui paraissait pas l’invention gustative du siècle. Les
anglo-saxons (de sexe mâle en particulier) avaient la fâcheuse tendance à
parler du bacon avec une passion qu’elle jugeait un tantinet excessive. En
outre, il n’était nullement dans ses intentions de vexer son hôte.
« Oui, c’était très bon. »
Il ne s’agissait pas d’un mensonge, après tout. Le porc se mariait bien
avec le porc, on ne prenait que peu de risques à l’affirmer. Le visage de Steven
se plissa avec malice et elle lui envoya une tape sur le bras, dont la violence
relative fut encore davantage amortie par l’épaisseur des gants en laine dont
elle ne se séparait plus.
« Idiot ! Tu peux pas arrêter
de me faire marcher deux secondes ? J’aurais mieux fait de garder le
surenthousiasme de Matthew pour moi, tiens. »
Il fit de son mieux pour ne pas se montrer trop fier de lui, dissimulant
son sourire taquin derrière sa cigarette.
« Ceci dit, je suis heureux de
savoir que tu as passé une bonne soirée.
- Une très bonne soirée. Merci encore de m’avoir
invitée.
- Avec plaisir. Merci à toi d’être venue.
- Tes colocs sont très sympas.
- J’en suis plutôt content, oui. Choi ne t’a pas
trop embêtée avec sa fascination pour la France ?
- Oh non au contraire, c’était drôle ! Je
n’imaginais pas être capable de provoquer un tel engouement uniquement par ma
nationalité. »
A peine Steven s’était-il éclipsé deux secondes pour aller poser son
manteau dans sa chambre que Choi s’était approchée de Marion avec une
excitation qu’elle avait du mal à la contenir.
« J’ai entendu dire que tu étais
française. »
La rumeur semblait trop belle pour être vraie.
« Heu… oui. »
Choi avait poussé une exclamation enjouée, trépignant littéralement sur
place avant de se concentrer pour prononcer avec application, les yeux
brillants :
« Bon-jour. Com-ment-ça-va ?
- Bien, et toi ?
- Oh mon Dieu ! Je parle
français avec une Française ! C’est trop génial ! »
Marion ne sut afficher autre chose qu’un sourire vaguement crispé pendant
tout le temps où Choi lui parla avec flamme de ses cours de français, de son
amour pour sa langue et sa culture natales. Steven réussit à l’arracher à la
discussion tandis qu’elle s’extasiait sur Paris et la bombardait de questions
quant aux meilleurs musées à visiter dans la capitale, ignorant que l’unique séjour
de Marion en Île-de-France remontait à ses huit ans – et qu’à cet âge-là, ce
qu’elle avait entraperçu de Mona Lisa entre trois touristes ne valait certainement
pas à ses yeux les vingt minutes de queue qu’il lui avait fallu subir pour y
accéder.
« Ce qui me gênait le plus, ce
n’était pas tant qu’elle aimait plus mon propre pays que moi mais plutôt que
j’étais incapable de trouver la moindre chose à dire par rapport au sien. A
vrai dire, pendant toute la durée de la conversation j’essayais de me souvenir du
nom de la capitale de la Corée du Sud. Mais tout ce qui me venait en tête,
c’était Pyongyang, et je n’avais pas envie d’insulter une de tes colocataires deux
minutes après mon arrivée par mon inculture totale…
- N’exagérons rien. Tu n’es pas une experte en
géographie asiatique, ça ne veut pas dire que tu es totalement inculte.
- Avoue que l’amalgame n’aurait pas été très
bienvenu.
- Certes. Je te sais gré d’avoir évité l’incident
diplomatique. Quoique Choi est d’un naturel tellement jovial que je suis quasi
certain que ça l’aurait fait rire. Et qu’elle t’aurait proposé et même forcée à
reprendre une bonne douzaine de pancakes aux pommes de terre.
- C’était vraiment bon ça ! Tu lui
rappelleras de m’envoyer la recette.
- Tu rigoles ? Je suis sûr qu’elle t’a déjà
ajoutée sur facebook et tagguée sur au moins trente photos de la soirée à
l’heure qu’il est. Une Française parmi ses amis virtuels… Si ça c’est pas la
grande classe… !
- Si tu méprises autant les réseaux sociaux,
pourquoi est-ce que tu y es inscrit ?
- Je ne méprise pas. Ça m’amuse, c’est tout.
C’est le seul endroit où elle me paraît encore plus surexcitée que dans la
vraie vie. Et puis, qu’est-ce que tu crois, j’aime bien frimer comme tout le
monde… Raisonnablement,
quoi. »
A voir le décor ombrageux qui entourait sa flatteuse photo de profil en
noir et blanc, Marion ne doutait pas de la sincérité de son affirmation.
C’était une qualité qu’elle aimait chez lui. S’il était conscient du charme que
pouvait exercer son visage d’ange sur l’individu moyen, il n’avait pas honte de
reconnaître qu’il aimait user de cet avantage. Ce qu’elle appréciait davantage
qu’une fausse modestie.
« Redis-moi le nom du jeu déjà ?
J’aimerais bien le trouver en France.
- Balderdash[1].
C’est un vrai mot, ça veut dire
« balivernes ».
- Au vu de certaines des définitions qu’on a
données, je dirais que c’était bien choisi.
- Qu’est-ce qu’il m’a fait rire Tom avec ses jeux
de mots graveleux.
- Moui… un brin répétitif.
- Mais c’était ça qui était drôle. Il se
démasquait tout seul. Tellement fin… !
- Je t’avoue, ce n’est pas celui avec qui j’ai
senti le plus d’atomes crochus…
- Je m’en doute. Moi-même j’avais du mal au
début. Et puis, à force de le voir tous les jours ou presque… Rassure-moi, je
ne relève pas de sous-entendus lubriques à tout bout de champ par
mimétisme sans m’en rendre compte?
- Non, je te rassure. Sinon je ne suis pas sûre qu’on se verrait
tous les jours.
- Tous les jours ? Cela signifie-t-il que
j’habite tellement tes pensées que je suis comme présent au quotidien ?
- Qu’on traînerait ensemble si souvent, si tu
préfères. … Arrête de battre des cils comme ça. Imbécile.
- J’aime quand tu m’insultes. Ça fait ressortir
ton petit accent…
- Quel accent ?! Tu m’as dit qu’on le
détectait à peine !
- On devine que tu n’es pas une anglophone native,
c’est vrai, mais tu t’en sors bien, pour une Française, je dois l’admettre.
- Tu dis ça uniquement pour m’énerver.
- Pour réveiller la révolte qui vit en
toi… ! J’aimerais tellement voir une continentale en colère… ça figure
dans le top 10 de mes fantasmes, tu sais.
- Tu es bête.
- Marion ? Il me semblait bien que c’était toi ! »
Marion et Steven amorçaient le virage menant à Sherfield Hall en se
poussant l’un l’autre lorsque Bénédicte les rattrapa, un grand blond vénitien à
sa suite. Pendant un trouble instant, leur double duo se contenta d’échanger
des regards croisés. Seul le grand blond affichait un sourire béat,
manifestement imperturbable de bonne humeur. Marion n’aimait pas beaucoup la
façon dont les yeux de Béné, encore plus ronds que d’habitude, passaient de
Steve à elle avec une insistance quasi affolée. Elle finit par faire les
présentations avec une attitude qu’elle espéra posée et calme. Steven s’inclina
tandis que Béné lui tendait maladroitement la main. Elle parût se détendre –
fondre, plus exactement – lorsqu’elle se tourna vers son prince.
« Paul, je te présente Marion. Marion,
Paul.
- Je m’en doutais un peu… !
- How do you do? » demanda-t-il
poliment.
Ils accordèrent leur rythme pour marcher ensemble vers leur bâtiment, la
cadence légèrement ralentie par l’étreinte serrée que Paul et Béné s’étaient
empressés de reformer. Steven et Marion échangèrent un regard amusé tandis que
les deux amoureux se gazouillaient des tendresses à l’oreille. C’était la
première fois que Marion voyait Bénédicte roucouler, et malgré la pointe de
jalousie qui lui picotait la poitrine, elle était touchée de voir à quel point elle
paraissait heureuse. Béné fournit l’effort colossal de sortir de sa bulle pour
se concentrer quelques secondes sur son amie.
« Alors, vous venez d’où ?
- De chez Steven. C’était la soirée réveillon de
Noël anticipé, tu sais ?
- Ah oui, la fameuse soirée… !
- Steven me raccompagnait.
- Très galant de ta part.
- C’est dans ma nature.
- Vous avez fait quoi du coup ?
- On a mangé – très bien mangé, devrais-je dire…
et puis on a discuté, on a aussi joué à un jeu hyper sympa… Et on a fini avec
un film. »
Marion mit un point d’honneur à répondre jusqu’au bout bien que Bénédicte
semble nettement plus absorbée par les chuchoteries de Paul dans le creux de
son cou. Elle le repoussa en se mordant les lèvres pour ne pas rire et fit de
son mieux pour paraître concernée. Typique. Les amoureux se croient tout permis
sous prétexte qu’ils empestent le bonheur à des kilomètres. Marion était-elle
aussi agaçante en présence de Damien ? Le visage de Nelly hululant un «
Daminouuuuuu » exagéré surgit dans sa mémoire et elle préféra subitement se
désintéresser de sa propre question.
« Ah, c’est chouette, ça… !
Qu’est-ce que vous avez regardé ?
- Keeping Mum. Secrets de famille
en français. Avec Maggie Smith et Rowan
Atkinson. Vraiment pas mal.
- C’est un classique de Noël chez moi depuis
quelques années. Ne me demandez pas pourquoi.
- C’est vrai que niveau esprit de Noël, c’est pas
tout à fait ça. Il s’agit tout de même d’assassinats.
- En effet. »
Steve et Marion tâchaient de poursuivre un semblant de conversation normale
sans se laisser aller à un rire nerveux. Vaguement gênés d’assister aux adieux
des deux tourtereaux, ils restèrent plantés à côté d’eux un long moment en
évitant de se regarder – se serrer la main pour créer un contrepoint à leur
embrassade poisseuse ne les avait fait rire que pendant les deux premières
minutes. Plus Béné gloussait de plaisir et plus Marion hésitait quant à la
décision à prendre : s’extirper le plus rapidement possible de cette
situation inconfortable ou attendre que la ventouse bipolaire se divise
d’elle-même pour poliment souhaiter une bonne nuit à tout le monde ? Ce
fut Steve qui enclencha le mouvement de départ général lorsqu’il décida
d’allier le geste à la parole plutôt que de se contenter de l’annoncer. Steve
adressa à Marion un signe nettement moins éloquent que ceux de Paul à sa belle avant
de disparaître de leur champ de vision. A peine Béné avait-elle fini d’agiter niaisement
la main qu’elle se tourna vers Marion, les yeux écarquillés.
« Mais c’est qui, ça ?!
- « Ça » ? Ben, c’est Steve. Je te l’ai présenté, non ?
- Steve ?! Steve le mec avec qui tu bosses en italien et avec qui tu
prends des cafés tous les trois jours ? Ce Steve-là ?
- Ben oui ce Steve-là… J’en connais pas vingt mille… Et je le vois pas tous
les trois jours…
- Hé ben. »
Marion s’immobilisa dans son mouvement vers l’escalier quand elle aperçut
la mimique expressive de Béné.
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Ben rien c’est juste que…
- Que quoi ?
- Ben à la place de Damien…
- Quoi, comment ça à la place de Damien ? Steve est un pote, c’est
tout.
- Oui enfin…
- Bon tu abrèges, là ? Je suis fatiguée, j’aimerais bien aller me
coucher.
- C’est juste que tu t’es bien gardée de nous dire qu’il était aussi canon.
- Canon ? T’y vas un peu fort, quand même…
- Tu te fous de ma gueule ? Tu l’as bien regardé ? »
Si Marion savait pertinemment qu’elle faisait preuve d’une mauvaise foi
extrême, elle n’allait certainement pas l’avouer, et encore moins devant
Bénédicte.
« Oui, j’imagine qu’il est pas mal dans son genre…
- Dans son genre… Dans le genre canon, oui, il se place assez bien dans un
top 3.
- Et alors ? Je devrais l’éviter parce qu’il est beau ? C’est
interdit d’avoir des amis séduisants ?
- Non mais bon… C’est pas juste qu’il est beau, c’est aussi que vous vous
entendez bien…
- D’où le fait qu’on soit amis.
- Ne le prends pas mal Marion… c’est juste que tu nous parles beaucoup de
lui comme quoi il est super intéressant, drôle et cultivé… J’imaginais pas
qu’il était canon en prime.
- De toute façon il a une copine.
- Et toi aussi.
- Bah oui bien sûr ! Merci de me rappeler que j’ai un copain ! Je
disais pas ça comme une excuse ! J’essayais juste de t’expliquer que s’il
m’avait invitée à cette soirée, c’était parce qu’il avait le blues. Il est avec
sa copine depuis quatre ans et c’est la première fois qu’il se retrouvera à
fêter Noël sans elle parce qu’elle est en Australie pour l’année. Alors tu
vois.
- Ouais… Il t’invite pour compenser quoi.
- On est amis ! C’est normal de compter sur ses potes quand on a le
cœur gros, non ?
- Si tu le dis… »
Marion aurait eu envie de rentrer chez elle en claquant la porte pour
marquer son degré d’indignation mais elle resta figée sur place, consciente que
cela ne représentait pas la stratégie de défense la plus convaincante. Son cœur
battait sourdement dans sa poitrine, tandis que s’insinuait une couche de sueur
glacée entre ses omoplates. Etait-il normal qu’elle se sente agressée de la
sorte ? Son comportement révélait-il un sentiment de culpabilité réel et soigneusement
enfoui ? Elle avait parlé de Steven à Damien. Mais elle le présentait
toujours comme un collègue de travail. Or, il était clairement devenu plus que
ça au fil des jours. Ils déjeunaient ensemble une fois par semaine pour
comparer leurs exercices et se retrouvaient souvent à aller boire une bière
après le cours d’italien. Elle était capable de dire quels livres il étudiait
en ce moment, quelles figurines décoraient ses étagères. Marion se rappela que
c’était sur Damien qu’elle était autrefois capable de fournir ce genre
d’informations. La marque de son shampoing, la couleur de sa brosse à dents. La
dernière était comment d’ailleurs, orange, non ? En avait-il changé
entretemps ? Ce n’est que sous le regard inquiet de Béné qu’elle se rendit
compte qu’elle était en train de paniquer de ne pas se rappeler la couleur de
la brosse à dents que son copain utilisait il y a trois. Sans doute ce détail
ne constituait pas une preuve fondamentale de son attachement ou détachement
éventuel. En revanche, s’alarmer de ne plus être certaine si elle était bleue
ou jaune était déjà plus probant. Elle se détendit un peu. Força un sourire.
« Et alors… avec Paul… ça a l’air de devenir plus sérieux, on
dirait ! Toi qui n’étais pas trop sûre… »
Un éclat doré s’alluma dans les yeux de Bénédicte tandis qu’elle se lançait
dans le long récit de l’évolution de leur relation mêlé d’une liste exhaustive
des qualités de son prince. Le sourire de Marion se fit de plus en plus réel. Cet
éloge biaisé n’était pas sans lui rappeler les quelques centaines de sa propre
composition en l’honneur de Damien. Dans huit jours, elle aurait le cœur net
quant à la couleur véritable de sa Signal. Dans huit jours elle serait dans ses
bras. Attendrie par l’émoi de son amie qu’elle n’écoutait plus vraiment, Marion
se laissa envahir par la chaleur de cette certitude. Maintenant qu’elle y
pensait, elle devait bien être orange. Elle réalisa qu’elle ne se souvenait
même plus du nom du personnage manga fétiche de Steven. Et qu’elle ne s’en
souciait guère.
[1] Jeu de société
dont le but est de deviner la vraie définition d’un mot inconnu parmi les
propositions des autres joueurs. Celui dont la définition a été choisie comme
la plus plausible en dépit de la réponse exacte remporte des points. Une
variante non officielle du jeu consiste à vouloir écrire la signification la
plus drôle possible, quitte à se décrédibiliser…
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