Votre mission, si toutefois vous l'acceptez, sera de vous lancer dans un projet d'écriture libre sur un semestre. En parallèle de ce travail de création, vous devrez tenir un journal de bord dans lequel vous interrogerez vos pratiques d'écriture, expliciterez vos méthodes et exposerez votre façon de remédier aux éventuels problèmes que vous avez rencontrés.
Bonne chance, junior, et que la force soit avec vous.
Ce message s'auto-détruira dans 5, 4, 3, 2, 1...
Voilà. Ce truc, là, ce projet que je viens de décrire, c'est ce qui viendra en fait valider mon Master. Oui parce que j'ai une vie assez fun, mais au cas où je m'ennuierais (juste au cas où, on ne sait jamais), j'aime bien me lancer des petits défis. Donc je suis rentrée en Master Métiers de l'écriture l'année dernière et maintenant que j'en suis à ma dernière année, il faut bien que je le valide et c'est ce travail-là que je vais devoir mener à bien pour ce faire.
Alors oui, je sais, vous vous dites que je suis une sacrée veinarde parce que c'est super sympa comme truc à rendre, c'est pas comme se casser la tête sur un mémoire de recherche par exemple... Et vous avez bien raison, en fait. Il n'empêche. C'est dur. Et c'est encore plus stressant que d'écrire un mémoire, quelque part. Parce que là, ça ne dépend que de vous. Déjà, on part en solo façon poor lonesome cowboy. Pas de directeur de mémoire, juste un numéro d'urgence (un peu comme les dépanneurs, mais en mode écriture). Du coup pas moyen non plus d'accuser un chercheur naze qui aurait avancé un truc pas vrai et que auriez, manque de bol, naïvement intégré à votre boulot. Non. Là c'est vous qui décidez et créez tout de A à Z. Autrement dit, si ça craint, c'est de votre faute. (Et si c'est bien aussi mais là c'est tout de suite beaucoup moins problématique)
Ecrire, c'est toujours en soi un peu anxiogène. On s'y met à nu ; davantage que si on peint un tableau ou qu'on tourne un film, par exemple. C'est vous qu'on lit entre les lignes. Alors on a l'impression de se révéler, de mettre sur papier ses pensées les plus intimes. Et on donne ça à quelqu'un, mettons un inconnu (parce que si c'est quelqu'un que vous connaissez, voire pire, que vous aimez, c'est parfois encore plus difficile à faire, en fait), qui y réagira... ou pas. Sans doute qu'on attend quelque chose en retour, même si c'est un plaisir purement égoïste, d'écrire, finalement, on fait ça parce qu'on aime ça, à la base (même si des fois on se demande si on n'est pas un peu masochiste sur les bords (parce c'est quand même pas l'ambition la plus facile à gérer du monde, hein, faut bien le dire)).
Alors au final on se retrouve un peu comme un gamin qui aurait mis tout son cœur et son énergie à fabriquer un truc magnifique (ou du moins c'est ce que le gamin pense, c'est ce qu'il voudrait, on sait tous qu'un collier de nouilles, ce n'est pas forcément très seyant, ça ne va pas avec tout... !) et qui attend, plein d'espoir, en n'osant pas regarder l'autre dans les yeux, qu'on lui dise quelque chose. ("C'est bien, c'est beau, c'est génial, j'adore, comment ai-je pu vivre sans ! MERCI !" peut être un bon début, je dis ça comme ça... !) Et dans la tête du gamin, si la réaction c'est juste "beurk, c'est nul", c'est que c'est lui-même qui est nul. Et ça, ce n'est pas très positif, comme image de soi. Bien sûr, ce n'est pas le cas ; en général, on aime son enfant même s'il fait des colliers moches – comme on aime son chien même s'il pue un peu... Mais ça, c'est un peu trop difficile à comprendre pour l'enfant (et le chien). En revanche, si vous dites au gamin que c'est magnifique tout en pensant que c'est vraiment dégueulasse, c'est encore pire. C'est carrément le trahir, ce qui, au bout du compte, fait encore plus mal... Et oui les gens qui écrivent enfants sont chiants complexes.
Faites des gosses, qu'ils disaient... !
Tout ça pour dire que je me lance donc dans ce joyeux projet. Que ça demande de l'énergie, de la persévérance et du courage. Ne serait-ce que pour 1) se mettre à écrire (d'un point de vue organisationnel comme procrastinationnel) ; 2) continuer à écrire (malgré tous les doutes et angoisses métaphysiques que ça soulève) ; 3) le faire lire aux autres (et prendre le risque d'avoir des critiques qui, même si on sait bien que c'est ça qui aide à progresser et à écrire un bon texte, peuvent être parfois difficiles à accepter). Et lorsque j'écris ça je suis loin de m'envoyer des fleurs indirectement, je vous confie simplement que je suis grave stressée et terrifiée. Mais à part ça je le vis bien.
Même que pour gérer ça sainement, je prends les choses petit à petit. (Et je me dope au sucre, au chocolat, à la théine et au café) Et je me concentre sur mon histoire – qui me plaît bien, je dois l'avouer ! Parce que oui, je tourne tout ça au dramatique mais au final je suis hyper contente d'avoir cette opportunité unique. Le luxe incroyable d'avoir le temps (et la seule obligation) de mener une de mes idées de roman à bien.
Car mon projet, en gros, c'est d'écrire un roman basé sur le carnet de voyages que j'ai écrit pendant/après mon année Erasmus en Angleterre. Sur ce blog, ça consistera a priori à poster des pseudo-bilans hebdomadaires. Avec un condensé de mon journal de bord qui dira ma progression et mes doutes (un condensé très condensé hein, le but n'étant pas de noyer mes gentils amis et lecteurs sous un flot d'angoisses existentielles) + des extraits de mon travail de la semaine (ce qui sera le plus intéressant, évidemment – ou du moins je l'espère). Les critiques constructives seront en ce sens les bienvenues (mais non, je n'aurais pas l'impression d'être un chien qui pue si vous me dites qu'il y a des trucs à corriger, c'était juste une métaphore... !).
Sur ce, j'arrête mon blabla.
Place à l'action :
Ou plutôt ça, en fait :
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